lundi 18 novembre 2013

Un père idéal de Paul Cleave


Tiré au sort dans ma PAL alors qu'il y dormait depuis plus d'un an, Un père idéal s'est révélé être un thriller dur, touchant, poignant, mais efficace et à l'écriture surprenante. 

Tel père, tel fils
Edward Hunter revient de loin : il n'a que neuf ans lorsque son père est arrêté pour le meurtre d'un nombre incalculable de prostitués. Dès lors, Edward est sous le feu des projecteurs : ce gamin à la gueule d'ange deviendra-t-il, comme son père, un serial killer ? Toute sa vie, Edward s'est battu contre cette idée. Devenu citoyen modèle, il a tout fait pour oublier son passé. Jusqu'au jour où son épouse est froidement assassinée sous ses yeux par les braqueurs d'une banque. Commence alors pour Edward un périple à travers Christchurch, guidé par la vengeance...

Alors qu'il mettait en scène, dans son premier roman, Un employé modèle, un tueur froid, manipulateur et pas tellement sympathique, Paul Cleave fait ici clairement appel à l’empathie du lecteur. Et ça n'est pas bien difficile de s'attacher à ce pauvre Edward, contre lequel le sort semble s'acharner avec une injustice révoltante. Car au fond, la vengeance d'Edward est guidée par le désespoir d'un homme qui, en quelques secondes, a tout perdu. Avec maladresse et stupeur, le père de famille se découvre capable d'accomplir les actes les plus monstrueux.

Si l'intrigue est finalement assez prévisible, c'est dans la description de ces actes monstrueux qu'excelle Paul Cleave, et c'est à se demander si l'auteur ne traîne pas derrière lui un passé de tueur en série ! Les scènes de meurtres (car il y en a plus d'une dans ce roman) sont non seulement archi-violentes, mais surtout terriblement réalistes, et je ne peux que conseiller à ceux que la vue du sang effraie de ne pas s'aventurer dans la lecture de ce livre. J'ai été littéralement scotchée par le niveau de détail des descriptions, tout comme par l'extraordinaire capacité de Paul Cleave à restituer la douleur du deuil et du désespoir avec un réalisme saisissant.

Gore et poignant, Un père idéal est un thriller à la dimension tragique, qu'il ne vaut mieux pas lire si l'on est un peu déprimé. Malgré une intrigue et surtout une fin prévisibles, c'est un roman remarquable par la psychologie de ses personnages et son écriture.

Un père idéal de Paul Cleave, Le Livre de Poche, 2012, 429 pages

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