mercredi 22 mai 2013

Miséricorde de Jussi Adler-Olsen


Une étrange disparition, un couple d'enquêteurs improbables et un soupçon de cruauté : tels sont les ingrédients du premier tome de la saga danoise qui cartonne en ce moment. Un roman prévisible par bien des côtés, mais qui fonctionne et donne envie d'en lire la suite.

Enfermée avec des monstres
Cinq ans après la mystérieuse disparition de Merete Lyyngaard, brillante femme politique qui s'est comme volatilisée, personne n'en a retrouvé la moindre trace. C'est cette lourde tâche, la retrouver, qui est confiée à Carl Morck et Hafez el Assad, un flic sur la touche et son invraisemblable assistant-factotum, qui composent le Département V tout fraîchement créé au sein de la police criminelle. En remontant dans le passé le politicienne, ils découvrent de lourds secrets. Pendant ce temps, Merete Lyyngaard, prisonnière d'étrange bourreaux, lutte chaque jour pour sauver sa vie.

Le rythme est posé dès le départ : vifs et rapides, les chapitres alternent entre la description du passé puis du quotidien de Merete Lyyngaard en tant que prisonnière et l'enquête policière menée cinq ans plus tard. Côté mise en scène, l'auteur n'a pas lésiné sur les moyens, et a imaginé pour la politicienne un supplice d'une incroyable cruauté, égale à l'inhumanité de ses tortionnaires.

Dans chaque strate de l'histoire humaine, on découvre une couche désespérément constante d'absence de compassion.
(p.255)

Côté enquête, on a là affaire à une intrigue somme toute assez classique, qui remonte le passé de la disparue pour en extraire les éléments les plus significatifs. L'investigation est bien menée, et si bien qu'il est assez aisé, pour un habitué des thrillers ou des polars, d'en deviner le dénouement bien avant la fin du livre. 

Néanmoins, le point fort de ce roman réside clairement dans le couple d'enquêteurs formé par Carl Morck et Hafez el Assad, à la fois improbable, drôle et attachant. L'auteur égrène par-ci par-là des éléments politiques, notamment sur le passé des deux policiers, qui prendront, semble-t-il, toute leur dimension dans les tomes suivants.

Malgré quelques lacunes, Miséricorde est un bon thriller, qui s'annonce trépidant par la suite. C'est avec impatience que je lirai les prochains tomes.

Miséricorde de Jussi Adler-Olsen, Le Livre de Poche, 2013, 528 pages

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